Une mi-temps sans éclat

La formation Maroon 5 sort l’artillerie lourde, mais s’avère peu convaincante au 53e Super Bowl

Le striptease du chanteur Adam Levine, la participation des rappeurs Travis Scott et Big Boi, la présence d’un chœur gospel et une orgie d’effets pyrotechniques n’ont pas suffi à pimenter la prestation de Maroon 5 au Super Bowl dimanche soir. Quand Bob l’éponge vole la vedette, c’est mauvais signe...

Malgré une succession de tubes, le spectacle d’une douzaine de minutes du groupe californien a manqué d’éclat. Sans ligne directrice claire, le tour de chant d’Adam Levine et compagnie s’est avéré un (gigantesque) patchwork bigarré.

Sauver les meubles

Et pourtant, les hits ont afflué tout au long du mini-concert, qui s’est ouvert de manière pétaradante – gracieuseté d’une cascade de feux d’artifice – au son de Harder to Breathe, le premier succès radio de Maroon 5, sorti en 2002. La mayonnaise commençait à prendre lors du solo de guitare du chanteur sur This Love, mais tout s’est écroulé quand Bob l’éponge (oui, oui, le dessin animé) s’est joint aux festivités immédiatement avant que Travis Scott atterrisse sur scène au terme d’un des pires effets spéciaux jamais observés à heure de grande écoute à CBS. Apparemment débarqué d’une météorite s’étant écrasée au milieu du terrain de football, le rappeur a brouillé les cartes en offrant 60 secondes de Sicko Mode, le temps d’être censuré trois fois.

Les membres de Maroon 5 n’ont jamais été capables de sauver les meubles après cette malencontreuse brisure de tempo. Entouré d’un chœur gospel pour livrer une Girls Like You sans Cardi B (la rappeuse aurait refusé de prendre part au Super Bowl en raison de l’affaire Colin Kaepernick), Adam Levine s’est ensuite enlisé avec She Will Be Loved, une ballade peu mémorable durant laquelle des lanternes ont pris leur envol pour former les mots « One Love », le seul – et timide – moment engagé du spectacle.

Le clou dans le cercueil

Après le passage de Big Boi (Outkast), les chances de rédemption étaient officiellement nulles. Adam Levine a terminé avec Sugar et Moves Like Jagger, retirant au passage sa camisole au plus grand plaisir des fans féminines qui ceinturaient la scène en forme de M. On a cru jusqu’au dernier moment que Mick Jagger se pointerait pour terminer le spectacle en point d’exclamation, mais en vain. Même Christina Aguilera, qui chante avec Levine sur Moves Like Jagger, est restée chez elle.

Bref, Maroon 5 n’entrera pas dans l’histoire du Super Bowl avec cette performance sans grande (ou petite) surprise. Même la voix du leader, qui fait pourtant partie du panel de coachs à The Voice aux États-Unis, laissait à désirer par moments.

Vibrante Gladys Knight

Le programme musical du Super Bowl était également assuré par Gladys Knight, à qui l’on avait confié l’hymne national américain en ouverture de soirée. En terrain familier, puisqu’elle est originaire d’Atlanta, où avait lieu la rencontre, la chanteuse a repris le Star Spangled-Banner de brillante manière. Plus vibrante que pompeuse (un exploit compte tenu du déferlement d’images patriotiques tout au long du morceau), son interprétation était sentie et surtout, live. À moins que miss Knight soit particulièrement douée en lipsync... Quoi qu’il en soit, l’impératrice du soul a montré qu’à 74 ans, ses cordes vocales étaient toujours aussi puissantes et justes.

On a malheureusement beaucoup moins d’éloges pour Chloe x Halle, le duo vocal féminin chargé de reprendre America The Beautiful. On salue leur courage d’avoir choisi de livrer la chanson a capella, mais elles ont tellement changé la mélodie qu’on peinait à reconnaître le morceau. C’était joli, mais peu mémorable.

Dans un message publié sur Instagram quelques minutes après être descendu de scène, le chanteur de Maroon 5, Adam Levine, a remercié, non seulement les fans du groupe, mais également ses critiques, qui l’obligent à toujours s’améliorer.